Alain Ade

Catégorie: Tartes postales

Tartes postales (25)

AustralieArbre majestueux, grasse prairie, moutons désinvoltes, qu’elle est belle la campagne française ! Sauf qu’il s’agit de l’Australie… Christiane, une amie photographe, y passe quatre mois, en 1982. Pour un reportage ? Pour des vacances ? Je ne me souviens plus. Christiane a ensuite travaillé avec Jean-Philippe Varin, le célèbre dresseur d’animaux pour le cinéma. C’est elle qui s’occupait des oursons sur L’Ours, de Jean-Jacques Annaud.

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Tartes postales (24)

SatyreLuc et Sandrine, un couple d’amis, sont à Athènes. Je crois que c’est en 1980. Ils visitent le Musée archéologique… et pensent à moi. Cherchant des infos sur cette statue, je découvre que cette même carte postale est en vente sur ebay au prix de 2,99 €. Pas 3, non, 2,99 ! Les grosses ficelles de la grande distribution touchent aussi la petite économie parallèle sur Internet. Ce monde est foutu !

Tartes postales (23)

Pâques

Dans la série « avec trou de punaise », voici encore une carte de ma marraine.
Je ne veux pas la mettre en compétition avec ma grand-mère, mes parents, mon parrain, mes frères, amis ou collègues, c’est juste qu’elle savait coller à l’actualité religieuse, laquelle rythmait nos vies d’enfants.

Tartes postales (22)

Coupé 2

1977. J’ai en projet de partir en Italie avec Luc, un ami, qui a lui-même un ami travaillant au Club Med d’Otrante. Madame L., avec qui je travaille au tribunal pour enfants de Rouen, me propose ce coupé Duesenberg pour nous y rendre. Nous y sommes allés mais en train, après un court séjour à Rome, nous avons mangé au buffet du club, sans payer, et avons dormi sur la plage.
J’ai passé quatre années à travailler avec madame L. Nous avons ri comme des gamins, inventé des jeux de mots improbables, déblatéré discrètement sur d’étranges collègues comme ce vieux greffier sympathique, qui, en fin de carrière, s’était mis à piquer dans la caisse, à la manière d’un personnage de Simenon ou d’Emmanuel Bove. Elle m’apportait de gigantesques entrecôtes que lui donnait son frère, boucher sur les marchés. Elle était comme une grand-mère indigne, persifleuse et bienveillante.  Je ne l’oublierai jamais.

Tartes postales (21)

Lionne 2

Ma marraine, toujours. Je n’ai pas une idée très précise de l’année. Si j’essaie de creuser l’affaire, voilà les éléments dont je dispose :

 1/ On peut remarquer en haut et en bas de la carte deux trous correspondant à une fixation de celle-ci au moyen de punaises, sans doute sur le mur de la chambre que je partageais avec mon petit frère. La punaise ayant été inventée par Edwin Moore en 1900 et étant toujours en service,
nous sommes donc entre 1900 et 2015.

2/ Ma marraine m’écrit qu’elle espère que j’ai passé une bonne fête du 14 juillet. Il n’y a guère que durant mon enfance que j’ai pu assister, béat, aux cérémonies du 14 juillet. Après je suis resté dans mon lit douillet. Que faisions-nous de si remarquable à cette occasion ?

3/ La lionne et son petit peuvent être interprétés comme une allusion à mon signe du zodiaque (je suis né un 3 août). Ma marraine me croit donc capable de lire mon horoscope dans Paris-Normandie. Je suis entré à l’école primaire au plus tôt en 1958. Je compte trois ans pour maîtriser la lecture,
nous ne sommes donc pas avant 1961.

4/ À cette époque, la saint Alain tombait le 16 juillet. En 1965, sans me prévenir, Vatican II repousse cette chute au 9 septembre.
Nous sommes donc entre 1961 et 1964.

 Ces maigres éléments m’amènent à penser que nous sommes à la mi-juillet entre l’année 1961 et l’année 1964. J’ai donc entre six et neuf ans.

Bravo à ceux qui l’ont deviné d’instinct !
Et double bravo à ceux qui ont compris que l’impact de balle de la tarte postale n° 18 était aussi un trou de punaise !

 

Tartes postales (19)

pêcheur

Cette image d’un pêcheur dans un torrent de Murol, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Richard Brautigan, ne peut se dissocier de sa correspondance. Elle est en effet signée de Jean-Luc A., mon grand ami d’enfance et d’adolescence. Elle m’a été envoyée à Vals les Bains, en Ardèche, ville où nous avons passé les vacances de l’été 1971. J’avais quinze ans. Rêvant déjà de théâtre, en cette année qui devait précéder mon admission au Conservatoire, je m’imaginais quelques années plus tard remontant Hair, la fameuse comédie musicale qui cartonnait depuis deux ans au théâtre de la Porte-Saint-Martin, que je n’avais pas vue, bien entendu, mais dont les thèmes — les hippies, la révolution sexuelle — et la musique – Let the Sunshine — me plongeaient dans un désir éperdu de liberté. Je n’ai jamais remonté Hair et c’est le cœur un peu serré que je relis ce court clin d’œil de Jean-Luc, à la fois drôle et prémonitoire : « Là où mes illusions furent des truites ! »

Tartes postales (18)

CoupleEncore des gamins en costume folklorique ! me direz-vous. C’est que, dans ma famille, l’exotisme régional a eu longtemps, de toute évidence, un charme puissant. Je ne me souvenais pas que c’était à ce point. Ce 3 juillet 1963, ma marraine, Henriette, et sa sœur, Germaine, sont en Bretagne. Les costumes sont de Fouesnant et Bénodet (Finistère). Les décors ne sont pas de Roger Hart…
Je vais avoir 8 ans. Cette carte n’est ni affranchie ni oblitérée, bien que l’adresse ait été écrite dans le cadre de droite. J’imagine qu’au dernier moment,
ma marraine a préféré acheter une enveloppe.
Maintenant, si vous zoomez sur la photo, vous découvrirez, au-dessus de la tête du petit garçon, quelque chose qui ressemble… à un impact de balle !
So strange !

Tartes postales (17)

Lavande

Enfant, j’avais assisté avec mes frères et mes parents — je crois que c’était à Issoire — à un spectacle de danse folklorique donné sur une scène dressée dans la rue. J’avais été fasciné. Je crois me souvenir qu’une des danseuses m’avait tapé dans l’œil. J’y repense en regardant cette tarte postale. Laquelle date de 1986, se rapporte évidemment à la Provence et est envoyée par Tony (qui signe « Tonneau », sans doute dans un réflexe d’autodérision relatif à ses problèmes de poids) et sent réellement la lavande si on la fixe assez longtemps. Issoire, c’est l’Auvergne. Nous y passions de superbes vacances non loin du lac d’Aydat, dans un chalet de bois, au milieu des ifs et des pins.
J’y retournerai.

Tartes postales (16)

Le retour

Vois le ciel qui luit mon amour,
Morano qui joue du tambour,
Hortefeux qui r’peint le séjour,
Pas de doute et pas de détours,
Ce vendredi est un grand jour,
Sarko-Vautour est de retour !

Casse-toi pauv’ con, dit le dicton,
Rendez-vous à la case prison,
Imagine la tronche de Fillon,
Le Maire prépare son baluchon,
Même Juppé vomit le morpion,
Sarko-vautour est de retour !

Entre La Pen et l’choléra,
C’est bien au dernier qui rira,
Que va faire l’électorat,
Ré-adouber le scélérat,
Ou voter la fille du vérat ?
Sarko-Vautour est de retour !

Rendez-vous en 2017,
Mais surveillons bien les gazettes,
La mèche blonde et la gourmette,
Se tiennent par la barbichette,
Prêts à rejouer La Conquête,
Sarko-Vautour est de retour !

Et nous n’aurons, mon pauvre amour,

Pour nos larmes couler toujours,
Que nos beaux yeux au fin contour.

 

 

 

Tartes postales (15)

Parrain

Août 1965. J’ai dix ans. Je reçois cette carte à La Londe Les Maures, où je passe des vacances en famille. En juillet, j’ai fini mon camp de louveteaux à l’hôpital de Roanne, après une appendicite aigüe. Mes parents et mes frères sont passés me prendre, direction le Var. Lorsque nous sommes arrivés, un gigantesque incendie ravageait les collines du village. Le feu s’est arrêté à quelques mètres de la maison de location. Nous avons passé la première nuit chez un collègue de mon père. Nous avons eu plus de chance, avec cette arrivée décalée, que Philippe Jaenada dans « Plage de Manaccora, 16h30 ». La carte n’est pas d’Agnès, je ne la connaissais pas encore. Elle est envoyée de Quimper par Jérôme L.H., mon parrain. J’aime la mise en abyme entre la petite fille et la poupée. Mon parrain est breton, ça n’étonnera personne. Il m’écrit « Bientôt, il faudra à nouveau reprendre l’école et je pense que tu travailleras bien, comme d’habitude ».