Alain Ade

Tartes postales (19)

pêcheur

Cette image d’un pêcheur dans un torrent de Murol, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Richard Brautigan, ne peut se dissocier de sa correspondance. Elle est en effet signée de Jean-Luc A., mon grand ami d’enfance et d’adolescence. Elle m’a été envoyée à Vals les Bains, en Ardèche, ville où nous avons passé les vacances de l’été 1971. J’avais quinze ans. Rêvant déjà de théâtre, en cette année qui devait précéder mon admission au Conservatoire, je m’imaginais quelques années plus tard remontant Hair, la fameuse comédie musicale qui cartonnait depuis deux ans au théâtre de la Porte-Saint-Martin, que je n’avais pas vue, bien entendu, mais dont les thèmes — les hippies, la révolution sexuelle — et la musique – Let the Sunshine — me plongeaient dans un désir éperdu de liberté. Je n’ai jamais remonté Hair et c’est le cœur un peu serré que je relis ce court clin d’œil de Jean-Luc, à la fois drôle et prémonitoire : « Là où mes illusions furent des truites ! »

Tartes postales (18)

CoupleEncore des gamins en costume folklorique ! me direz-vous. C’est que, dans ma famille, l’exotisme régional a eu longtemps, de toute évidence, un charme puissant. Je ne me souvenais pas que c’était à ce point. Ce 3 juillet 1963, ma marraine, Henriette, et sa sœur, Germaine, sont en Bretagne. Les costumes sont de Fouesnant et Bénodet (Finistère). Les décors ne sont pas de Roger Hart…
Je vais avoir 8 ans. Cette carte n’est ni affranchie ni oblitérée, bien que l’adresse ait été écrite dans le cadre de droite. J’imagine qu’au dernier moment,
ma marraine a préféré acheter une enveloppe.
Maintenant, si vous zoomez sur la photo, vous découvrirez, au-dessus de la tête du petit garçon, quelque chose qui ressemble… à un impact de balle !
So strange !

Tartes postales (17)

Lavande

Enfant, j’avais assisté avec mes frères et mes parents — je crois que c’était à Issoire — à un spectacle de danse folklorique donné sur une scène dressée dans la rue. J’avais été fasciné. Je crois me souvenir qu’une des danseuses m’avait tapé dans l’œil. J’y repense en regardant cette tarte postale. Laquelle date de 1986, se rapporte évidemment à la Provence et est envoyée par Tony (qui signe « Tonneau », sans doute dans un réflexe d’autodérision relatif à ses problèmes de poids) et sent réellement la lavande si on la fixe assez longtemps. Issoire, c’est l’Auvergne. Nous y passions de superbes vacances non loin du lac d’Aydat, dans un chalet de bois, au milieu des ifs et des pins.
J’y retournerai.

ARRIÈRE-CUISINES

Lisons Arrière-cuisines (et après nous mangerons mieux) :

Fox-1

Quarante ans après l’avènement de la Nouvelle Cuisine, le paysage de la gastronomie française est aujourd’hui complètement bouleversé. Comment fonctionne-t-il ? Après avoir rencontré nombre de ses acteurs, Jean-Claude Renard invite à une promenade tantôt gourmande, tantôt ironique et drôle, dans un univers jaloux de ses secrets. À travers un récit trempé d’humeur, jalonné d’interventions (Alain Passard, Ghislaine Arabian, Yves Camdeborde, Gaël Orieux, etc.), ponctué de portraits de chefs (Arnaud Lallement, Jean-Marc Notelet, Jean Sulpice, etc.), d’évocations de lieux gourmands, d’histoires de mets, de décryptages de phénomènes médiatiques (Cyril Lignac, Top chef, etc.), il dévoile les grandes tendances de la gastronomie, ses vitrines, ses fleurons,
ses têtes d’affiche, ses agents, ses hommes de bonne volonté.
Ce livre d’enquête raconte l’économie d’un établissement en épluchant une addition et, plus largement, la marchandisation et la mondialisation du secteur, ses rapports troubles avec l’agroalimentaire, qui favorisent la multiplication des « restaurants » sans cuisiniers. Il dresse le tableau de la critique, détrônée par Internet, décrit par le menu la médiatisation à outrance et ses effets pervers.
Il rend compte, ainsi, d’une table à plusieurs vitesses. Sans mettre dans le même panier une poignée de chefs businessmen et des cuisiniers attachés à leurs fourneaux, refusant compromis et spectacularisation.
(Quatrième de couverture)

C’est écrit par Jean-Claude Renard (un ami) et édité par La Découverte

GROOVIN’ : UNE HISTOIRE DES FLAMIN’ GROOVIES

C’est le tire du livre que Didier Delinotte et Jacques Vincent — deux amis —
ont consacré au mythique groupe de rock américain. Pour en savoir un peu plus, lisons la quatrième de couverture (après, nous serons incollables) :

« Peu de groupes dans l’histoire du rock restent aussi immaculés dans les mémoires que les Flamin’ Groovies, surtout quand on se réfère aux animaux de cirque, vieilles gloires et vieux roublards qui pullulent sur toutes les scènes du monde et dont les Rolling Stones — naguère modèles des Groovies — sont malheureusement le parangon définitif. Les Groovies symbolisent jusqu’au plus haut degré de fidélité une autre Amérique des sixties/seventies ; autre que celle du Flower Power, des hippies/yippies et des rock stars arrivées jusqu’au triangle d’or des Bermudes quelque part entre Malibu, Beverly Hills et Hollywood. Rockers lyriques et flamboyants, ils incarnent une certaine innocence mêlée de provocation et d’élégance, le tout charrié avec une énergie du feu de Dieu tirée des cavernes Prométhéennes des pionniers. »

FG

C’est édité chez CAMION BLANC

 

Tartes postales (16)

Le retour

Vois le ciel qui luit mon amour,
Morano qui joue du tambour,
Hortefeux qui r’peint le séjour,
Pas de doute et pas de détours,
Ce vendredi est un grand jour,
Sarko-Vautour est de retour !

Casse-toi pauv’ con, dit le dicton,
Rendez-vous à la case prison,
Imagine la tronche de Fillon,
Le Maire prépare son baluchon,
Même Juppé vomit le morpion,
Sarko-vautour est de retour !

Entre La Pen et l’choléra,
C’est bien au dernier qui rira,
Que va faire l’électorat,
Ré-adouber le scélérat,
Ou voter la fille du vérat ?
Sarko-Vautour est de retour !

Rendez-vous en 2017,
Mais surveillons bien les gazettes,
La mèche blonde et la gourmette,
Se tiennent par la barbichette,
Prêts à rejouer La Conquête,
Sarko-Vautour est de retour !

Et nous n’aurons, mon pauvre amour,

Pour nos larmes couler toujours,
Que nos beaux yeux au fin contour.

 

 

 

Adieu Fabrice

Fabrice

Fabrice Ferrari est mort d’un cancer, le 23 août, à 46 ans. Je viens de l’apprendre. Il avait été le premier monteur d’Arrêt sur Images, j’en étais le documentaliste. Nous avons travaillé plusieurs années ensemble chez Riff productions, avec Alain Taïeb, Vincent Lamy, Daniel Schneidermann, Olivier Barrot, François Chayé… C’était l’époque où l’on pouvait encore croiser Pierre Carles dans les salles de montage d’émissions formatées de la télévision française auxquelles l’un et l’autre allaient progressivement renoncer, ou qu’ils allaient infléchir de leur regard combatif. Pierre Carles pour le début des aventures de Pas vu pas pris, Fabrice pour la réalisation et la production indépendante à travers La Vaka Production, la boîte qu’il avait montée avec Gilles Perret dans sa Savoie natale et à qui l’on doit, entre autres, le formidable Les jours heureux, consacré à l’élaboration et à l’héritage du programme du CNR. Je le voyais peu depuis l’époque de la rue de Javel, mais il m’envoyait des invitations aux avant-premières des films qu’il produisait. Il m’arrivait de lui envoyer mes livres. C’était un grand type, sympathique et chaleureux. Sa taille ne l’a pourtant jamais poussé à regarder les gens de haut. Combien de repas avons-nous partagé dans les brasseries de la rue Saint-Charles… Je ne l’ai jamais vu s’énerver contre qui que ce soit, y compris contre les fumistes cathodiques, dont il préférait sourire discrètement. Il était lucide et malin. Il n’a jamais baissé les bras. Seule cette saleté de crabe a eu raison de son optimisme et de sa détermination. Le (bon) documentaire perd un pilier, et nous sommes nombreux à perdre un ami.

Bonnes vacances à tous ! (5)

 

Et pour finir cette série, vous inviter au voyage, élever votre âme ou vous éclairer dans la nuit obscure des temps cruels, voici une livraison de trois :

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(Un dernier grand merci à Émilie pour les photos)

Lisons « Imaginons… »

Canfin

Si j’ai choisi de faire ce livre sous la forme d’échanges avec six Français – une ouvrière à la chaîne dans l’automobile, un patron de PME dans le bâtiment, un financier basé à Londres, une cadre de Pôle emploi, une infirmière et un responsable associatif en Seine-Saint-Denis –, c’est parce que deux années au gouvernement, ça isole. Être ministre du Développement permet de vivre des moments exceptionnels : dans des camps de réfugiés touaregs au Burkina Faso, au Conseil de sécurité de l’ONU pour défendre le sort des femmes violées par centaines de milliers dans l’est de la République démocratique du Congo, dans les tentes des médecins d’Action contre la faim à Bangui, en Centrafrique. De telles expériences marquent à jamais. Mais combien de journées ai-je passé – et c’est, je crois, le lot de tous les ministres – sans rencontrer une seule personne dans une situation de la vie quotidienne ? C’est pourquoi ce livre de dialogues m’est apparu comme une évidence. Échanger, s’enrichir mutuellement, sans protocole, sans déférence, sans hypocrisie.
(Pascal Canfin – Extrait de l’introduction)

Sophie Jovillard a conduit les entretiens

J’ai collaboré à l’écriture

Éditeur : Les petits matins

(En librairie depuis le 21 août 2014)

Bonnes vacances à tous ! (4)

Sans oublier celle-ci :

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Qui semble répondre à celle-là :

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(Merci à nouveau Émilie pour les photos)