Je viens d’en faire le tour et je regrette qu’il n’y ait ni cave ni grenier. Dans Intérieur (éditions Gallimard), Thomas Clerc, descripteur exhaustif et maître carré, inventorie minutieusement le contenu de son appartement. Pièce par pièce. Du sol au plafond. Mais, contrairement à monsieur Propre, même si c’est pour se voir dedans, ce n’est ni pour briller ni pour en mettre plein la vue — en l’occurrence la rue du Faubourg Saint-Martin, dans le Xème arrondissement, où se situe le logis. Car l’appartement en question, qu’il a acheté, et dans lequel il a emménagé le 11 septembre 2001, est de taille très moyenne (50 m2). Il lui résiste souvent — Ah, les chutes de tringles, gag récurent, ou ce refus de se doter d’un escabeau, grignoté tout de même par le doute « je suis vaincu par la nécessité de l’acquérir 1 jour, puisque son absence multiplie les avanies et les heures passées à les réparer » —, et signe surtout un arrangement avec le statut d’héritier fauché que lui a légué son père, ruiné, le privant des grandes surfaces auxquelles il aspire (non pas pour péter dans la soie comme lorsqu’il était enfant, mais pour disposer, par exemple, d’un lit pour le sommeil et d’un autre pour l’amour, bel hommage à la notion de « chambre à part »). Et partant, bien qu’il y reste, l’oblige à composer. Mais quelle partition ! Ce n’est pas une symphonie, aucune boursouflure sinon trois cloques sur les murs, mais une musique sérielle de chambre, donc, mais aussi d’entrée, de W.C., de salle de bain, de cuisine, de bureau et de salon. Une sonate des pénates, postmoderne comme les plasticiens qui hantent les lieux, écrite dans une langue amoureuse de la précision, qui parfois claque, parfois caresse, ne craint pas les adjectifs objectifs, une langue de concision et d’esprit, avec juste ce qu’il faut de hauteur de vue et d’ironie, ces marchepieds du style. Une langue qui donne à voir, rien qu’en écartant les rideaux d’une penderie sur telle ou telle veste qu’il prend (au propre comme au figuré — il est souvent question du rapport des femmes à ce logis où elles ne vivent pas), la doublure d’une existence réversible. Ce qu’il appelle, ailleurs, « les tendances », violemment opposées en lui, « du distinctif et du démocratique ». Et puisque la plupart des écrivains du « je » se révèlent plutôt dandys manchots quand il s’agit de d’écrire, je laisse le dernier mot (beau comme du Léo Ferré seventies) à ce dandy de grand chemin, à propos de l’accumulation des vêtements, une de ses obsessions : « Ce théorème d’autant plus désagréable qu’il est plus vrai, je le trouve confirmé chez d’autres, des femmes ou des sapeurs, des lions et des midinettes, des bourgeois et des cagoles qui retardent l’heure de la poussière en cramant leurs billets à échéance. L’accusation de consumérisme et de grand déballage ne m’intéresse pas, ou alors il faut l’adresser à toute 1 époque sinistre, égotique et moyenne. »
En attendant les photos, voici l’affiche. Ce fut une belle journée. J’ai parlé cheval avec Alexandra Ledermann, championne d’Europe et championne olympique d’équitation, qui a bien voulu me pardonner de ne rien y connaître,
et novélisation au temps de Louis Feuillade avec Jean-Paul Ollivier.
Paulo la Science a évoqué André Leducq, un cycliste des années 1930 qui a la particularité d’avoir joué dans les films de Feuillade avant de gagner deux fois le Tour de France. J’ai également évoqué la formidable aventure des cinéastes rouennais des années 1970-1980 autour de Jean-Claude Guezennec
et Claude Duty, lors d’un café littéraire animé par Fred Romanik,
de France Bleu Haute-Normandie.
Non, il n’y a pas de faute dans le titre. C’est le nom du salon du livre d’Évreux, qui se tiendra le dimanche 8 décembre de 10 heures à 18 heures dans le hall
du Conseil général de l’Eure. J’y suis invité et je dédicacerai les VILLAGE FRANÇAIS 1940, 1941, 1942 et 1943, ainsi que LA COMMANDERIE. Une bonne occasion de vous rencontrer, lecteurs normands. Vous trouverez sur la page Facebook de l’EURE DU LIVRE une foule de renseignements
sur les auteurs présents.
Il sort aujourd’hui 11 avril. Si vous vous posez la question de savoir ce que signifie avoir été militant dans une section locale de parti, avoir tracté sur les marchés, assuré sa propre formation politique et celle des jeunes, organisé des manifestations et des sit-in, traversé Mai 68 avec enthousiasme, côtoyé Michel Rocard et bien d’autres, vécu les événements de Charonne, diffusé des livres interdits pendant la guerre d’Algérie, snobé François Mitterrand, combattu Giscard d’Estaing, soutenu les ouvriers de Lip, s’être enflammé pour l’autogestion, etc, vous trouverez ici la réponse. Vous comprendrez pourquoi, à l’instar d’un Stéphane Hessel, un homme âgé aujourd’hui de 85 ans peut se retourner sur son passé avec la fierté d’avoir été fidèle à ses idéaux de jeunesse et, comme comme eux, de n’avoir pas pris une ride. Il s’agit du témoignage, sur trente années de vie politique, d’un militant de la première heure du PSU, Guy Philippon. Il dialogue ici avec Stéphane Sitbon-Gomez.
Auteurs : Guy Philippon et Stéphane Sitbon-Gomez
J’ai réécrit l’ensemble des entretiens
Éditeur : Les petits matins
Si l’on vous dit « PSU », il y a de fortes chances pour que vous pensiez « Michel Rocard », voire « Huguette Bouchardeau », qui dirigèrent à des époques différentes le Parti socialiste unifié. Mais, pour beaucoup, ces trois lettres évoquent surtout le bouillonnement politique et les grandes luttes des années 1960 et 1970. Né d’un mouvement d’opposition à la guerre d’Algérie, ce parti de la « deuxième gauche » a en effet accompagné les combats anticolonialistes, féministes, autogestionnaires, depuis sa création le 3 avril 1960 jusqu’à son autodissolution en novembre 1989, face à la bipolarisation de la vie politique française. Guy Philippon, professeur agrégé de mathématiques à la retraite, a été l’un des initiateurs du PSU et l’animateur de la section du XXe arrondissement de Paris de ce parti. Il a aujourd’hui 85 ans. Stéphane Sitbon-Gomez, conseiller spécial au ministère du Logement, membre d’Europe Écologie-Les Verts, n’a quant à lui que 25 ans, mais une longue amitié militante au sein du parti écologiste le lie à son aîné en politique. Il lui fait ici raconter « son » PSU, témoignage personnel autant que représentatif des espoirs et des idéologies d’une époque : la fusion, à l’origine du parti, de modestes formations de gauche méfiantes à l’égard du PCF et de la SFIO de Guy Mollet, l’aide aux insoumis pendant la guerre d’Algérie, la figure de Pierre Mendès-France, l’immense creuset de Mai 1968, l’épopée des ouvriers de Lip en lutte contre la fermeture de leur usine, le Larzac et les grands rassemblements antinucléaires.
J’ai collaboré aux entretiens préalables et à l’écriture de ce livre.
En ce printemps 2017, le second quinquennat de Nicolas Sarkozy est sur le point de s’achever. Il est temps de tirer un premier bilan des cinq nouvelles années passées à l’Élysée par le chef de l’État.
Animé d’un esprit d’ouverture et de protection à l’égard des Français, Nicolas Sarkozy a accepté de recevoir Laurent-David Puja-Ferra pour un entretien autour des thèmes marquants de sa seconde mandature et des principales réformes qui l’ont jalonnée : les 70 heures de travail hebdomadaires, la suppression des avocats, la réouverture du bagne de Cayenne, la fusion des caisses de retraite et des Pompes funèbres générales, le projet d’aménagement du territoire CALAMAR 3000®, etc.
Nicolas Sarkozy prouve ici une nouvelle fois que son action – loin des partis pris idéologiques – a été guidée en permanence par le souci du bien-être de ses concitoyens, surtout les moins démunis.
En cet été 1942, les habitants de Villeneuve, sous-préfecture du Jura, vivent depuis deux ans sous occupation allemande quand ils sont confrontés à une situation inédite : plusieurs dizaines de Juifs étrangers, raflés dans l’Est de la France, se retrouvent bloqués dans la gare de la ville, dans l’attente d’un train devant les conduire à Drancy. Ému par le sort de ces prisonniers épuisés et désemparés, le maire, Daniel Larcher, obtient l’installation d’un camp provisoire dans l’école. Dans la promiscuité et la pénurie, un semblant de vie s’organise, où se mêlent la solidarité et l’égoïsme, l’espoir d’une issue favorable et l’intuition terrifiante de l’horizon noir qui se dessine. Pendant ce temps, les Allemands demandent à la police de Villeneuve d’arrêter les vingt-huit Juifs étrangers résidant en ville. Tout bascule lorsque la Gestapo demande aux autorités françaises, pour une raison incompréhensible aux yeux des Villeneuvois, de séparer les parents des enfants avant que des trains ne les emmènent. Chacun des personnages devra faire un choix : la collaboration, l’indifférence, l’aide humanitaire, l’action clandestine… Ou encore, même si rien d’héroïque n’est possible, tenter de dire ou de faire quelque chose pour ces êtres, ou même essayer de n’en sauver qu’un seul.