Alain Ade

Tartes postales (6)

Dallas

En ces temps d’Amérique troublée, je retrouve cette carte, envoyée par Agnès au début des années 1980, l’année précise est illisible sur le cachet.

For the times, they are a-changin, really, mister Dylan ?

MON PSU

PSU pour scan-2

Il sort aujourd’hui 11 avril. Si vous vous posez la question de savoir ce que signifie avoir été militant dans une section locale de parti, avoir tracté sur les marchés, assuré sa propre formation politique et celle des jeunes, organisé des manifestations et des sit-in, traversé Mai 68 avec enthousiasme, côtoyé Michel Rocard et bien d’autres, vécu les événements de Charonne, diffusé des livres interdits pendant la guerre d’Algérie, snobé François Mitterrand, combattu Giscard d’Estaing, soutenu les ouvriers de Lip, s’être enflammé pour l’autogestion, etc, vous trouverez ici la réponse. Vous comprendrez pourquoi, à l’instar d’un Stéphane Hessel, un homme âgé aujourd’hui de 85 ans peut se retourner sur son passé avec la fierté d’avoir été fidèle à ses idéaux de jeunesse et, comme comme eux, de n’avoir pas pris une ride. Il s’agit du témoignage, sur trente années de vie politique, d’un militant de la première heure du PSU, Guy Philippon. Il dialogue ici avec Stéphane Sitbon-Gomez.

Auteurs : Guy Philippon et Stéphane Sitbon-Gomez

J’ai réécrit l’ensemble des entretiens

Éditeur : Les petits matins

AU SECOURS !

Je viens de recevoir par mail une pub pour un monte escalier. Et pas n’importe lequel : LE monte escalier correspondant à mes besoins. Hé les gars, j’ai besoin de fric, de beau temps, de contrats d’édition, certainement pas d’un monte escalier. Qui plus est, je ne vis pas dans un duplex et n’ai donc point d’escalier !M-E 2

HABEMUS PAPAM

F1er

Duty free Chott

Claude

Je n’avais pas encore signalé l’existence du blog de Claude Duty. Vous trouverez le lien au bas de cette page. À l’intérieur, des nouvelles de ses tournages, de ses projets, des festivals qui l’invitent, de Pécoud et de Françoise Hardy (entre autres). Sur la photo, Claude cherche de l’or dans le Chott el-Jérid, dans le sud tunisien, en 1991. Il ne trouvera que du sel !

BUYLE BRILLE EN BREEM

CommPolitis BBB scane plus de trois millions cent mille téléspectateurs, s’il faut en croire Médiamétrie, j’ai regardé sur France 3 mardi 29 janvier Crime d’État, le téléfilm de Pierre Aknine consacré à l’affaire Boulin. Nous sommes en 1979. À ma gauche (si j’ose dire), Robert Boulin, cacique RPR un tantinet mou du genou, sorte d’honnête homme aussi éloigné des magouilles politiques que Rocco Siffredi de l’abstinence sexuelle, présentement ministre du Travail dans le gouvernement Barre et pressenti par Giscard pour occuper le poste de Premier ministre après sa réélection inéluctable de mai 1981. En réalité, ce que VG veut, c’est barrer la route de l’Élysée au jeune loup Chirac, dont les dents rayent la croûte terrestre. À ma droite (on ne peut plus à droite, d’ailleurs), la bande du fameux Chirac, bien décidée, elle, à rappeler les règles du jeu (« Plus c’est gros, plus ça passe ») à l’honnête et naïf Boulin, lequel tempête contre ces méthodes en menaçant de révéler les dessous pas très affriolants mais très françafricains du financement du RPR.

Comment briser l’audacieux ? En faisant monter en mayonnaise médiatique une malheureuse affaire de terrain à Ramatuelle acheté par le ministre à un sympathique agent immobilier, qui a bêtement oublié de prévenir qu’il a déjà vendu ces deux hectares à un premier pigeon (1). Quand je dis «bande à Chirac», je ne me contente pas d’un effet facile. S’y trouvent déjà le délicieux Charles Pasqua, forgeant là sa fameuse devise « l’affaire est dans le sac », ainsi que le charmant Jacques Foccart, monsieur « main basse sur le fric », pour paraphraser Jean Ziegler.

Le chantage à l’honneur du vertueux ministre n’ayant pas, semble-t-il, les résultats espérés, quelqu’un, en haut lieu, décide d’en finir avec cette affaire compliquée en poussant Robert Boulin au suicide par noyade appuyée des deux mains dans le dos et dans soixante centimètres de flotte. Cette version tient quelques semaines, le temps de ne pas révéler que les chaussures du prétendu désespéré ne présentent aucune trace de la boue qu’elles auraient dû fouler sur le bord de l’étang ou que son visage avenant est dorénavant doté de deux fractures consécutives à sa chute dans cette eau décidemment inamicale. À partir de là, deux écoles s’affrontent. Suicide ? Assassinat ? Meurtre ? Autolyse ? Crime? Barbouzes ? SAC ? Tu parles, Charles ? Foccart, faux derche ? Boulin, boulet ? C’est parti pour trente ans.

S’agissant de personnages réels et publics, et c’est là où je voulais en venir, une fois admis que la version présentée plaide pour l’élimination pure et simple du héros, qu’elle y réussit fort bien et qu’il n’est pas de mon ressort de la contester, une des curiosités de ce téléfilm résidait dans le menu plaisir qu’il y avait pour le spectateur à comparer chaque acteur à son modèle dans la vraie vie.

Je sais que l’on m’opposera immédiatement l’infantilisme de cette cinéphilie de bastringue et que l’on me rappellera avec une componction deleuzo-daneyesque que Michel Bouquet n’avait pas besoin de « ressembler » à François Mitterrand pour « être » François Mitterrand dans le film de Guédiguian. Je suis entièrement d’accord. Aussi faut-il n’y voir qu’un simple jeu venant en annexe des appréciations positives ou négatives que l’on peut avoir sur un film. Certaines ont des stylos rouges mentaux, moi j’ai du papier calque cérébral.

Pour ce qui est de Robert Boulin, je passe sur le choix de François Berléand, acteur parfois bancal mais ici bankable, qui a la délicatesse de se mettre plutôt vite et bien dans la peau du personnage, et pour le coup sans doute moins dans l’imitation que dans l’incarnation intelligemment stéréotypée (bien que je regrette qu’une attention particulière n’ait pas été portée à sa coiffure). Le Chaban-Delmas (Grégoire Oestermann) m’a paru judicieux, même si en léger déficit d’énergie, le Pasqua (Stéphane Jobert) également, bien que l’acteur n’ait fait aucun effort sur la voix, principal outil de la roublardise chez le vrai.

Si je chipote sur les petites faiblesses, voulues ou négligées, de ces personnages, c’est qu’il y a, a contrario, à la fin du film, venant tout à coup crever l’écran comme une perforation de synchro, une extraordinaire Évelyne Buyle en Danièle Breem. Un petit moment de grâce, une substitution parfaite et pourtant sans ostentation. Elle surgit de la mémoire télévisuelle sur les marches du palais de justice, après l’annonce du suicide, et se prolonge en direct au journal de 13 heures d’Antenne 2. Tout y est : la coiffure choucroute, les lunettes Saint Laurent, le chemisier pelle à tarte, le léger balancement de la tête, le ton affirmatif à peine infirmé par une émotion due à la gravité de la nouvelle, le va-et-vient millimétré du regard entre la caméra, le faux Patrick Lecocq et les feuillets dactylographiés posés sur le pupitre, l’enchaînement saccadé des portions de phrase, la petite brisure de la voix caractéristique de la journaliste, et jusqu’à l’infinitésimal instant de panique, à la fin du plateau, dans l’angoisse d’un « blanc » qui parviendrait à se glisser entre elle et le sujet suivant.

Et tout cela, alors que le visage de l’actrice continue de se dessiner derrière celui du personnage. Car il ne s’agit pas, et Évelyne Buyle l’a compris, de pure ressemblance dans cette affaire, mais d’une personnification, d’une appropriation de l’autre, d’un accaparement transitoire de son « âme », un peu comme des jumeaux presque parfaits sèment le trouble tout en maintenant pour chacun d’infimes signes de ses propres traits et de sa propre personnalité. Évelyne Breem-Danièle Buyle, quelle belle madeleine pour un vieil enfant de la télé !

(1) C’est une époque où le biotope du pigeon provençal s’apprécie en hectares, chapeau l’oiseau !

Digression parue dans Politis le 21 février 2013

À paraître début avril

PSU pour scan-2

Si l’on vous dit « PSU », il y a de fortes chances pour que vous pensiez « Michel Rocard », voire « Huguette Bouchardeau », qui dirigèrent à des époques différentes le Parti socialiste unifié. Mais, pour beaucoup, ces trois lettres évoquent surtout le bouillonnement politique et les grandes luttes des années 1960 et 1970. Né d’un mouvement d’opposition à la guerre d’Algérie, ce parti de la « deuxième gauche » a en effet accompagné les combats anticolonialistes, féministes, autogestionnaires, depuis sa création le 3 avril 1960 jusqu’à son autodissolution en novembre 1989, face à la bipolarisation de la vie politique française. Guy Philippon, professeur agrégé de mathématiques à la retraite, a été l’un des initiateurs du PSU et l’animateur de la section du XXe arrondissement de Paris de ce parti. Il a aujourd’hui 85 ans. Stéphane Sitbon-Gomez, conseiller spécial au ministère du Logement, membre d’Europe Écologie-Les Verts, n’a quant à lui que 25 ans, mais une longue amitié militante au sein du parti écologiste le lie à son aîné en politique. Il lui fait ici raconter « son » PSU, témoignage personnel autant que représentatif des espoirs et des idéologies d’une époque : la fusion, à l’origine du parti, de modestes formations de gauche méfiantes à l’égard du PCF et de la SFIO de Guy Mollet, l’aide aux insoumis pendant la guerre d’Algérie, la figure de Pierre Mendès-France, l’immense creuset de Mai 1968, l’épopée des ouvriers de Lip en lutte contre la fermeture de leur usine, le Larzac et les grands rassemblements antinucléaires.

J’ai collaboré aux entretiens préalables et à l’écriture de ce livre.

Tartes postales (5)

Cathy

Août 1971. Cathy m’envoie cette carte de Grèce. Nous venons de finir la seconde  au lycée Jeanne d’Arc de Rouen.  Elle en pince pour moi. Ce n’est pas réciproque. Je suis amoureux de Sylvie M. Laquelle m’envoie paître au téléphone en feignant de ne même pas savoir qui je suis. Alors que nous ne sommes qu’une vingtaine de garçons au milieu de quatre cents filles. Et que nous organisons, avec Jean-Michel D., Patty N., Clément C., des soirées poésie dont tout le monde parle. Ce n’est pas possible, elle n’a pas pu ne pas me voir traverser la cour avec ma guitare sur le dos ! Elle n’a pas pu ignorer nos séances de répétition, après les cours, dans le réfectoire, et leur vacarme fébrile !  Finalement, je sortirai à la rentrée suivante avec Francès M., une hypocagne de quatre ans mon aînée.

Nostalgie fugace. Baisers lointains. Regrets inutiles.

UNE TRÈS BONNE ANNÉE !

Voeux

JOYEUX NOËL !

Oui, joyeux Noël à toux ceux qui compatissent au sort des riches à qui il ne restera que 250 000 € pour vivre en 2013. C’est vrai, ça ne fait jamais que 20 833 € par mois, merde !

Tapie scanné